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Le
Kan ha diskan
Eugène
Grenel (son cousin) et son compère Albert
Bolloré incitent Yann-Fañch, au début
des années soixante-dix, à monter sur scène
et à s'engager dans la voie du chant à danser,
le Kan ha Diskan. Ce couple de chanteurs
est très réputé pour la qualité de son interprétation
et la puissance de son timbre, mais aussi
pour ses engagements militants pour la reconnaissance
du statut de chanteur traditionnel.
Le Kan ha Diskan est une technique
de chant à danser, qui implique un minimum
de deux chanteurs. Ils chantent alternativement,
sur un principe de tuillage (le deuxième
chanteur commence son phrasé sur la dernière
syllabe de celui du premier chanteur, qui
reprendra de la même manière). Cette technique
s'adapte à toutes les danses (fisel, plinn,
gavottes, ronds…).
Le Kan ha Diskan et les danses étaient utilisés
pour rythmer les travaux des champs, animer
les cérémonies, les fêtes, ou pour divers
travaux domestiques (air à battre le blé,
aplatir une aire d'habitation, célébrer
un mariage..). Ils faisaient donc partie
intégrante du quotidien. Cette tradition
très présente alors, se poursuit aujourd'hui,
dans les festoù-noz (fêtes de nuit).
Les fêtes de nuit se déroulaient en plusieurs
temps. Une première partie était consacrée
à la danse, puis une pause s'installait,
pendant laquelle des tombolas, des jeux,
des concours, ou une scène libre faisaient
office de divertissement. Enfin, on se remettait
à danser.
Vers le milieu des années 70, cette tradition
fut abandonnée au profit d'un spectacle
uniquement consacré à la danse.
Pour Yann-Fañch, le chant et la danse
sont intimement liées Le texte et la mélodie
sont adaptés à la danse et ne pas savoir
danser empêche d'apprécier son rythme et
gène par conséquent les danseurs. Ces derniers
participent aussi par leur énergie à la
qualité de l'interprétation par le chanteur.
Ces deux notions sont intimement imbriquées.
Il se produit de très nombreuses fois en
fest-noz avec Erik
marchand à partir des années
75. Ce dernier était venu voir Eugène
Grenel pour s'initier à ses techniques
de chant. C'est ainsi qu'il se sont rencontrés
et ont chanté en couple. Ils puisent dans
les mêmes sources (notamment le collectage
de Claudine Mazéas) pour s'adapter
respectivement à leurs chants et deviennent
également les premiers chanteurs professionnels
de Centre-Bretagne. Puis, en fest-noz, Yann-Fañch
Kemener rencontre Marcel
Guilloux (le compère de Guillaume
Jégou) et commence à chanter en couple
avec lui. Très vite les deux couples fusionnent
pour en faire naître trois.
Jérémie Pierre JOUAN |
Sources
:
Yann-Fañch
sur France-Culture, 12 septembre 1998
Archives Personnelles
Livrets de disques
Dossier de presse (François Daniel), Siam Productions
Sous la direction de Yann-Fañch Kemener.
Crédits photographiques :
Archive
Privée YFK
Pochette Kan Ha Diskan (Coop Breizh).
Photo KHD
Photo Kan Ha Diskan (Arion)
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