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La
Gwerz
Yann-Fañch
Kemener tient le Texte pour primordial.
"C'est lui qui permet la réflexion, qui
donne l'essence de la poésie et qui livre
l'histoire. C'est un rythme sur une mélodie."
Bretonnant de naissance, il s'intéresse
davantage a sa langue maternelle tant par
son travail que par une démarche militante
qui le conduit à traduire son nom.
Le texte breton est le fruit, généralement,
d'une poésie qui puise ses sources dans
les temps anciens. Celle-ci est très complexe.
Elle comporte une sorte de double rime :
à la rime de vers, s'ajoute celle de la
césure. Dès lors, le verbe est doté d'une
certaine force, que fait ressortir sa qualité
d'élocution et son sens profond. De cette
difficulté découle une lecture plus naturelle
et une transmission plus fluide.
Il existe différents supports pour classer
cette poésie. La Kan
ha Diskan, la gwerz, le
sône, les comptines, ou le
cantique… La gwerz est une
complainte narrative, longue et épique,
souvent dramatique. C'est le récit très
souvent précis, c'est l'Histoire du peuple,
celle qui se raconte aux veillées. Le sône
est un chant plus gai, ce sont les histoires
d'amour, les récits poétiques, fantastiques…
Yann-Fañch est l'un des derniers chanteurs
bretonnants de naissance à transmettre les
gwerzioù (pluriel de gwerz) apprises à l'enfance
ou recueillies lors de collectage (collecter
les textes et mélodies auprès de chanteurs
détenteurs d'un patrimoine particulier).
Pour lui, la gwerz, c'est le voyage :
à travers l'imaginaire et l'émotion, c'est
sortir de ce temps pour en trouver un autre.
La gwerz se fait par tradition a capella.
Elle peut aussi être orchestrée. Le travail
du chanteur diffère alors selon qu'il l'interprète
comme un chant à danser ou comme une gwerz
orchestrée. Dans le premier cas, l'instrument
lui répond, comme le chanteur dans le Kan
ha Diskan. Dans l'autre, l'instrument accompagne,
embelli par quelques accords. Chez Yann-Fañch,
ce travail peut se comparer, en prenant
pour exemples le disque Chants
Profonds de Bretagne volume 4,
l'un des Barzaz,
Gwerzioù ha Sonioù,
ou l'un des trois albums de la période avec
Didier
Squiban. Dans cette dernière
période, le travail d'Ile-Exil
et Enez Eusa
montre avec netteté ces deux interprétations.
En effet, une gwerz orchestrée ne doit pas
être contrainte par les instruments, pour
préserver la liberté du texte."
Jérémie Pierre JOUAN |
Sources
:
Yann-Fañch
sur France-Culture, 12 septembre 1998
Archives Personnelles
Livrets de disques
Dossier de presse (François Daniel), Siam Productions
Sous la direction de Yann-Fañch Kemener.
Crédits photographiques :
Archive
Privée YFK
Pochette Gwerzioù ha Sonioù
Pochette Enez-Eusa
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