Le
chanteur traditionnel breton Yann-Fanch
Kemener sera sur la scène
de la Maison de la poésie,
dans le troisième arrondissement
de Paris, du 5 au 30 octobre. Seul sur scène,
il interprétera une œuvre de
Jean Lambert-Wild, le directeur
du CDN-La comédie
de Caen, sous la direction de l’auteur.
Titre de celle-ci : L’ombelle
du trépassé, un texte
poétique entrecoupé de chants
bretons. (Ouest-France)

Création
à la Maison
de la Poésie Paris du 5 au 30
octobre 2011
du mercredi au dimanche (les mercredi, jeudi,
vendredi, samedi à 20h et le dimanche
à 16 h).
Maison de la Poésie,
Paris
Passage Molière
157 rue Saint Martin 75003 Paris
www.maisondelapoesieparis.com
m° Rambuteau - RER : Les Halles
Réservations/Renseignements : 01
44 54 53 00 (du mardi au samedi de 14h à
18h)
Prix des places : 20 euros (plein tarif),
15 euros et 10 euros (tarifs réduits).
D’abord,
l’imposante minéralité
d’un haut morceau de poussière,
colonne de lave sèche perçant
du dedans la surface du monde. Puis il deviendra
évident que l’une des extrémités
de cette colonne n’est ni pétrifiée,
ni muette. Comme elle bruit, comme elle
respire ! C’est qu’un homme
se trouve en haut de la colonne, à
bon nombre de centimètres au dessus
de la terre, les chevilles enlisées
dans le minéral ! Mais il n’est
pas prisonnier : l’axe qui descend
de sa petite fontanelle et le long de ses
vertèbres se poursuit au coeur de
la pierre. L’homme en est la moelle
autant qu’elle le transperce.
Cet homme, c’est le chanteur breton,
passeur de mémoire Yann-Fañch
Kemener. De sa «voix d’or»,
il parlera et chantera des mots écrits
pour lui par Jean Lambert-wild, des mots
qui seront l’aboutissement d’une
entreprise alchimique d’alliage, d’or
et de chair, de moelle et de magma.
Au coeur de ce chant, on pourra entendre
le pas d’hommes, de femmes, qui ont
marché, dansé.
L’homme voudra danser à son
tour, mais comme il ne peut libérer
ses pieds de la pierre, anachorète
ancré, il transmettra cette ondulation
à ceux de ses membres qui sont libres.
Et lors il oscillera, entre chant et parole,
oscillera entre la caresse et la gifle,
oscillera tant et encore qu’il se
mettra à tourner sur lui-même,
vite, de plus en plus vite, derviche absorbé
dans la contemplation de ses propres paroles.
En bâtissant cette colonne de mots
à l’extrémité
tendre et respirante, Jean Lambert-wild,
Yann-Fañch Kemener et leurs compagnons
s’attacheront à façonner
un langage qui ondule sur le fil vivant
entre chant et parole, pour ouvrir dans
le secret de ceux qui écoutent des
portes qui mènent vers les recoins
mystérieux d’une intimité
commune, antérieure et ancestrale.