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Presse
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Articles
de presse récents :
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Yann-Fañch KEMENER est
un initié : issu d'un monde rural, il a fréquenté
l'école des anciens. Son apprentissage fut
oral et a capella Depuis sa prime jeunesse,
il chante la tradition et ainsi la perpétue.
En quête de l'identité de son pays, la Bretagne,
a travers le temps, la littérature, les légendes
et la musique (gwerzioù, ballades, séries,
berceuses), un homme franchit les trois étapes
d'une vie, de la naissance à l'au-delà...
Yann-fañch Kemener est le messager de la Bretagne
d'hier et de demain.
Jacques
ERWAN
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Yann-Fañch
Kemener
Kan ha Diskan
1 CD Siam 3 359340 131422- (distribué par
Coop Breizh)
Si les avis ont pu diverger dans ses pages
sur le chanteur breton Yann-Fañch Kemener,
le présent disque balaye toutes les réticences.
Le rythme, le dynamisme, la fonction précise,
la complémentarité de cet être à deux têtes
qu'est le couple de chanteurs de Kan ha Diskan
(le chant à danser breton) ne laissent place
à aucun écart esthétique. Kemener a réuni
autour de lui les complices avec lesquels
il court depuis des années les fest-noz de
Bretagne : Erik Marchand, Valentine Colleter,
Marcel Guilloux, Claudine Floc'hig, Ifig Troadeg,
Annie Ebrel et Patrick Marie.
De suite Fisel en suite gavotte et suite plinn,
les timbres et les dictions se répondent,
se complètent, s'épousent et s'opposent, relançant
constamment l'écoute et taquinant irrésistiblement
la plante des pieds.
Franck Bergerot (Le Monde de la Musique,
N°127, Janvier 1998).
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Yann-Fañch Kemener
Kan ha Diskan
(Coop Breizh)
Bretagne. Yann-fañch Kemener travaille
depuis longtemps sur le vaste répertoire des
chants à danser qui continue de captiver l'inconscient
collectif du peuple de Centre-Bretagne. Dans
cette région, le Kan ha Diskan, chant à danser,
demeure le mode d'expression privilégié et
ne semble rien vouloir céder de ses prérogatives
face aux autres formes, duos de sonneurs,
en tête.
En dehors des incontournables standards interprétés
à chaques festoù-noz. Un certain nombre de
chants sombrent peu à peu dans l'oubli, s'effilochent
dans les mémoires. Et c'est là qu'intervient
Kemener, dont la rigueur d'interprétation
évite au chant la perte de son esthétique
propre.
Contrairement à tous ces agriculteurs, qui
sont le fragile, vecteur de traditions moribondes.
Kemener se revendique musicologue et chanteur
professionnel. Son talent réside dans la fidélité
à une école mais aussi dans 1'usage savant
du répertoire traditionnel. Sur un disque
précédent, les monumentaux Carnets de Route,
il donnait la parole à ces modestes et souvent
anonymes détenteurs d'une culture immémoriale.
Ici en compagnie de Valentine Colleter, Annie
Ebrel, Ifig Troadeg, Marcel Guilloux et Erik
Marchand, il passe aux travaux pratiques.
Des travaux qui comme ceux de la ferme savent
être joyeux. Gavottes et plinn sont enfilés
comme pour mieux décoller le cuir des semelles.
Le bruit des souliers sur le sol témoigne
de la fougue, du plaisir et de l'énergie déployés.
Pour la première fois depuis des décennies
depuis les enregistrements de Mouez Breiz
effectués en directe, il est enfin permis
de prendre connaissance du Kan ha Diskan,
tel qu'il est pratiqué selon les règles d'un
art ancestral, sans fioritures, a cappella.
Les concessions faites à l'électricité et
aux aguicheuses sirènes que sont bombardes
et cornemuses sont ici abandonnées aux organisateurs
de manifestations estivales.
Car si on peut faire dire à un instrument
une chose et son contraire, il n'en va pas
de même pour la voix. Même si son propos est
innocent ou désuet. Il est bien clair que
ces Kan ha Diskan, par leur oralité bretonnante
plus que par leur musicalité, sont irrécupérables.
Ils sont le fondement même de la culture bretonne.
Sans eux, celle-ci ne serait plus qu'un argument
pour guinguettes touristiques. Le verbe de
Yann-Fañch Kemener et de ses acolytes est
si authentique qu'il les dispense du port
intempestif d'un quelconque oripeau identitaire.
René
Guyomarc'h
Les Inrockuptibles, N° 134 du 14 au
20 Janvier 1998.
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Yann-Fañch KEMENER & Didier SQUIBAN
Kimiad
1 CD L'OZ PRODUCTION / COOP BREIZH
LIBERATION :
Beaucoup de disques ne sont que morceaux juxtaposés.
Celui-ci, troisième fruit-laser de la rencontre
entre Yann-Fañch Kemener et le pianiste Didier
Squiban, s'écoute comme une suite animée d'un
profond mouvement intérieur. Introduction
au piano solo pour placer le décor, mélancolie
rapide d'une danse fisel en invite, déclamation
d'un poème de Jean Lavoué, on est prêt. En
amuse-gueule, un passe-pied-Pachpi (et ses
"trabedideda" dadaïste), puis plongeon
dans la gwerz (complainte) Kimiad ar Martolod
(l'Adieu du matelot). Sac et ressac d'une
âme, Kemener nous emmène dans ses mers intérieures,
nous polit comme un galet de grève. au gré
des grands chants mélancoliques et des airs
à danser ; Squiban en est le capitaine Nemo.
Kemener mêle les textes rares collectés lui-même
à d'autres très connus, comme ce Silvestrig
collecté vers 1880 par Bourgaut-Ducoudray
et qu'adapta Coppée. "A St-Michel en grève.
mon fils est parti soldat" , une des plus
belles chansons antimilitaristes du répertoire
français, avec son oiseau "silvestre"
qui vole annoncer au père le retour de l'engagé...
On sait la vitalité de la production discographique
bretonne (une cinquantaine de CDs par an)
et l'ostracisme quelle rencontre auprès des
grands diffuseurs : quand elle a pu accéder
à l'audimat, c'est épaulée par une multinationale
; on peut craindre que ce CD localisé ne rencontre
pas tout le public qu'il mérite.
Hélène HAZERA : LIBERATION 28/11/98
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LE TELEGRAMME
Le son magique de Squiban-Kemener
C'est le cœur musical qu'il faut avoir pour
goûter l'offrande de certains moments de
grâce. Vendredi soir, dans l'acoustique
délicate de l'auditorium de musique de Brest,
le chanteur Yann-Fañch Kemener et le pianiste
Didier Squiban ont ouvert un plein flacon
de ce parfum, mélange subtil de terre et
de galets, de sel, d'écume saupoudrée ou
vent d'ici, avec lesquels les magiciens
parviennent parfois à faire de la musique.
Osmose
Il faut avoir entendu la voix nasale, haut-perchée,
faire 'sonner la langue' et sautiller, au
rythme d'une danse fisel, sur les marteaux
au galop du piano. Avoir écouté les notes
chargées d'âme se glisser dans la complainte
mélancolique d'un 'départ de marin', comme
un soupir parmi les larmes, une phrase de
Billie Holiday entre deux caresses cuivrées
de Lester Young, pour comprendre que ce
duo pousse au plus haut point la complicité.
On peut parler d'osmose, de fusion entre
la musique et le chant. Il y avait dans
ce concert, et dans le nouveau disque 'Kimiad'
qu'ils présentaient à cette occasion, quelque
chose de ce moment magique où, dans le reflux,
l'eau, soudain minérale, s'évanouit dans
le sable. Enregistré au même endroit, mais
sans public, le troisième CD de Squiban/Kemener
est prenant, inspiré. 'Cet enregistrement
résume l'esprit de ce que nous avons vécu
ces cinq dernières années. Mais j'espère
que nous allons encore plus loin avec ces
titres inédits, équilibrant danse et gwerz,
largement empruntés au répertoire vannerais',
explique Squiban.
"Trahir et transmettre"
Aux
puristes que ce mariage de l'improvisation
jazz et de la tradition froisserait, Yann
Fañch Kemener répond par avance : 'la réussite
de cette rencontre, c'est de proposer une
autre façon de présenter, en utilisant de
belles mélodies. Etymologiquement, dans
tradition il y a trahir, mais aussi transmettre'.
Pour Didier Squiban, c'est aussi clair :
'Enez Eusa' pourrait être un standard de
jazz au même titre que 'My funny Valentine'.
Peu importe le flacon, l'ivresse est ici
au rendez-vous, distillée par la fort belle
production de Gilles Lozac'hmeur et de son
équipe. 'Si un chant te soulève, laisse
faire le chant, dit un fort joli texte en
français du disque. Avec 'Kimiad' (départ,
en breton), il n'y a pas d'autre choix que
de se laisser emporter. Embarquement immédiat.
Jean-Luc GERMAIN
LE TELEGRAMME 23/11/98
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LE FIGARO
:
Quelque
part dans ce disque, Yann-Fañch Kemener
abandonne le granit et la houle de la langue
bretonne pour dire en français les mots
du poète Jean Lavoué : 'Pour un printemps
qui ressuscite / Je donnerai l'été et l'automne
et l'hiver / et toutes les saisons dénudées
de mon cœur. On ne sait alors si l'on marche
dans une herbe battue des vents, dans un
salon où ne brûle qu'une seule lampe, sur
un rivage à l'air ému d'embruns. Ce troisième
disque de Yann-Fañch Kemener avec le pianiste
Didier Squiban poursuit l'exploration d'une
terre neuve, qui n'est pas seulement bretonne
: le piano respecte souvent l'ordre des
bienséances du début de ce siècle et même
du précédent, la théâtralité de la voix
raconte l'orgueil des libertés les plus
récentes. Minéral, distingué, limpide, dénudé,
cet album impose sa majesté, sa lenteur,
sa sereine hauteur.
Jacques Doucelin et Bertrand Dicale
Le Figaro 27/11/98
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Un barde Voyageur
C'est à Calvi que le petit village de Ste
Tréphine en Bretagne s'est déplacé samedi
dernier.
" J'y suis né il y a 40 ans, c'est un centre
du monde " explique Yann-Fañch Kemener.
C'est avec piano, guitare, flûte et percussions
que le chanteur fait passer ses messages.
À son actif, plusieurs disques et de nombreux
concerts.
"Partout, je m'emploie à expliquer quel
a été mon parcours, à travers mon expérience
de chanteur et les recherches que j'ai menées.
C'est ma profession" a-t-il précisé, en
préambule de la conférence débat.
Et le musicien possède plusieurs cordes
à sa lyre : il est aussi poète, linguiste
et conteur...
Il passe avec brio du chant à la parole,
du breton au français.
Samedi, il a dit combien la poésie était
importante pour véhiculer des images. Il
a abordé le thème du voyage, de l'autre.
Il résume : "Je joue sur les rapports entre
poésie de langue bretonne et française,
sur les contrastes entre musique traditionnelle
et populaire" Son but n'est pas de sauvegarder
un patrimoine. " Il faut dépasser cette
notion qui est limitative. Dans le mot tradition
il y a trahison" conclut-il.
J-M Vincenti.
CORSE MATIN 02/03/99 |
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